Chez Antide, chaque œuvre ne s’arrête pas à sa matérialité. Bois, pierre, métal ou toile dialoguent avec la feuille d’or, mais aussi avec les mots. Les textes qui accompagnent ses créations ne sont pas de simples descriptions : ils prolongent l’expérience, ouvrent un nouvel espace de résonance.
Cette écriture, à la fois poétique et introspective, révèle l’âme cachée des œuvres. Elle donne au spectateur une porte d’entrée vers l’émotion et l’intimité du geste artistique. Lire ces textes, c’est comme entrer dans un miroir où l’art visuel et la littérature s’enlacent, pour former une seule et même création.
Ce lien entre mots et images n’est pas nouveau. Depuis l’Antiquité, la poésie a cherché à traduire en langage les émotions visuelles : on pense aux poèmes d’Homère décrivant l’éclat du bronze et de l’or, ou encore à Ovide et ses métamorphoses, où chaque matière est porteuse de symboles.
Plus tard, les poètes symbolistes, comme Baudelaire, ont vu dans la correspondance entre les arts une façon d’élargir la perception : la peinture appelait les mots, et les mots évoquaient des couleurs et des formes.
Dans l’histoire de l’art aussi, les textes ont accompagné les images. Les manuscrits enluminés associaient déjà la beauté de l’écriture à la puissance visuelle. Les surréalistes, quant à eux, ont brouillé les frontières entre littérature et arts plastiques, affirmant que le geste créatif est multiple et ne se limite pas à une discipline.
Chez Antide, cette tradition se réinvente. Les mots, comme la feuille d’or, fixent un instant, captent une lumière, traduisent une sensation fugace. Ils viennent dire ce que la matière seule ne peut exprimer et invitent chacun à une réflexion personnelle sur le temps, la beauté et l’éternité.
